Le futur proche et brouillon de « Rainbows End »

Publié le par joe

Une couverture anglo-saxonne de "Rainbows End".J'étais impatient de lire le prix Hugo 2007, après voir dévoré ceux qui ont obtenu cette récompense en 2006 (Spin, de Robert Charles Wilson) et en 2005 (Jonathan Strange & Mr Norrell, de Susanna Clarke). Mais j'ai du mal à le terminer celui-là, Rainbows End, Vernor Vinge.

Le pitch était pourtant alléchant. En 2025, Robert Gu, un vieux poète américain, sort de vingt ans d'état végétatif (il avait la maladie d'Alzheimer) grâce à un traitement médical qui lui permet aussi de recouvrir sa jeunesse. Hébergé par sa famille,  il découvre comment la technologie a changé le monde, et retourne sur les bancs de l'école pour apprendre à s'adapter au quotidien.

On aurait pu assister à l'histoire émouvante d'un vieil homme qui cherche des repères dans un monde bouleversé par les usages de la technologie. Les frontières entre la réalité et le virtuel se sont en effet effacées, les humains portant des lentilles qui les connecte à un gigantesque réseau informatique dans la lignée d'Internet. L'avènement du cyberespace au XXIe siècle donc...

Mais les intrigues s'enchassent mal les unes dans les autres. Car dans Rainbows End, on a aussi le droit à un complot qui menace de laver l'esprit des gens, à l'ébauche d'une nouvelle géopolitique, à une révolte contre la destruction des imprimés au profit de leur numérisation (notez la référence à Fahrenheit 451), et à une floppée de personnages secondaires pas très intéressants. L'auteur, Vernor Vinge, n'approfondit rien : les protagonistes, les situations, les thèmes... Tout passe, tout glisse, dans cette description brouillonne d'un futur proche.

Glasshouse, de Charles Stross, qui figurait cette année dans la pré-sélection du prix Hugo, présentait beaucoup plus d'intérêt.

Pour les anglophones qui auraient quand même la curiosité de "feuilleter" Rainbows End, une version gratuite se trouve en ligne ici.

 

Publié dans Fan de SF

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