« L'Espace de la révélation » d'Alastair Reynolds

Publié le par joe

L'Espace de la révélation d'Alastair Reynolds, le premier tome du "Cycle des inhibiteurs", a cette qualité des livres de science-fiction assez tordus pour faire travailler l'imagination à toute berzingue, mais en aménageant des pauses pour remettre de l'ordre dans l'atelier de la pensée. 

C'est vrai : il y a tout de même des descriptions si peu explicites qu'elles confinent à l'abstraction et des phrases à te demander si tu as bien fait de sécher tes cours de physique. Exemple : "Tout se passait comme si l'arme était un soliton - une onde stationnaire - dans la structure géodésique de l'espace temps." Dans la littérature de science-fiction, on appelle ça du hard science, et j'ai du mal à croire que l'expression est juste une traduction de "sciences dures".

Donc, c'est hard, il faut s'accrocher au pavé, en dépit de longueurs dans la narration et de dialogues parfois un peu décalés : on a parfois l'impression que les personnages jouent une pièce chacun dans leur coin.

Cela dit, L'Espace de la révélation est un space opéra passionnant, avec des bonnes idées à foison. Sa lecture suscite des images insoupçonnées. On y trouve une civilisation disparue, un archéologue mégalo, une menace pour l'humanité, un vaisseau géant dont le capitaine est rongé par une étrange pourriture, une assassine avec une autre voix que la sienne dans la tête...

Raynolds maîtrise le sens de l'ellipse, qui fait que des événements ou des personnages sont révélés plus tard, alors que leur présence était déjà suggérée. Et il possède surtout un vrai style et capacité à faire naître des images fantastiques.

Extrait :

"Sa minceur ascétique - il semblait qu'elle n'aurait pu mettre les pieds sur une grosse planète sans se rompre tous les os - n'avait pas abusé Khouri un seul instant; Sudjic était comme un bâtiment conçu par un architecte de génie, qui connaissait précisément les tensions auxquelles devaient obéir chaque articulation et chaque étai, et aurait mis un point d'honneur esthétique à n'autoriser aucune tolérance additionnelle."

Publié dans Fan de SF

Commenter cet article

sylvain 13/06/2008 17:25

Je confirme ce que tu as écrit. Un bouquin énorme mais franchement prennant et si on ne comprend rien aux digressions militaro-scientifiques, ça ne fait qu'en renforcer la puissance.

Gromovar 11/06/2008 15:21

Bump !Faut que j'attaque La cité du gouffre maintenant.