Au diable "Angel" !

Publié le par joe

 La vanité d'Angel n'a d'égal que celle du réalisateur François Ozon, qui s'imagine que sa façon de (mal)traiter le destin de cette jeune fille qui rêve de succès (et le trouve) en écrivant des romans à l'eau de rose, dans l'Angleterre au début du XXe siècle, puisse intéresser ou émouvoir. 
Le plus pénible dans Angel, c'est la manière avec laquelle François Ozon filme son héroïne (insupportable, menteuse, égocentrique, égoïste) tout en espérant susciter une empathie avec elle... Angel, personnage creux et insignifiant, n'a rien de diabolique, et ses mensonges n'ont guère de conséquences, ni sur son entourage, ni sur ses lecteurs, encore moins sur les spectateurs. L'ingénue n'est pas assez perverse.


Ce film d'Ozon le provocateur reste entre deux eaux, écarté entre une trame linéaire et archi-vue, et un jeu de massacre au second degré, qui arrache quelques rires. Du coup, la cruauté du réalisateur a l'égard d'Angel est aussi vaine que les illusions dans lesquelles l'écrivaine se réfugie. J'aurais aimé voir moins de cynisme derrière la caméra et davantage sur l'écran (un régal, les apparitions de Charlotte Rampling).  
Angel, un pastiche de mélodrame, se réduit ainsi à un brillant d'exercice de style (mise en scène, décor, photos) et à la performance d'une actrice jusqu'alors inconnue, Romola Garai.

Joe

A part ça Je me suis promené dans Paris cet après-midi : Une file d'attente énorme pour l'expo des peintures de David Lynch à la fondation Cartier. Une dizaine de flics aux Halles en train d'essayer de maîtriser un jeune Noir à terre. Le Jardin du Luxembourg que l'hiver rend encore plus tristement dépouillé qu'il ne l'est d'habitude. Et 9m2 de prison place de l'Hôtel-de-Ville, grâce au collectif Trop c'est trop!

Publié dans C'est tout vu !

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suzelle 21/03/2007 18:36

je me suis sentie comme chez moi, un dimanche après-midi pluvieux, à bercer une vague inertie devant le téléfilm interminable et ennuyeux de M6, sauf que je ne pouvais pas éteindre le poste..C'est quand même tout un art de rendre un personnage aussi insupportable de vacuité. Le meilleur moment du film, son dernier soupir...j'en ai poussé un moi aussi, de soulagement.