"Spin" de Wilson, une rotation vertigineuse

Publié le par joël


 

Certains romans de science-fiction provoquent le vertige, cette impression que le sol, sur lequel on croyait ses pieds fermement posés, se dérobe peu à peu. Spin (éditions Denoël, sorti en février dernier), de Robert Charles Wilson, procure cette excitation sensation de tomber le vide intersidéral.


L'histoire commence une nuit d'octobre, de nos jours, aux Etats-Unis. Trois pré-ados, Tyler et ses deux amis Jason et Diane, s'aperçoivent que les étoiles ont brusquement disparu dans le ciel. La suite, telle que décrite par la quatrième de couverture : " Bientôt, l'humanité s'aperçoit que la Terre est entourée d'une barrière à l'extérieur de laquelle le temps s'écoule des millions de fois plus vite (...) Mais le plus grave, c'est qu'à la vitesse à laquelle vieillit désormais le véritable soleil, l'humanité n'a plus que quelques décennies à vivre..." 

Pourquoi cette mystérieuse barrière autour de la Terre ? Quelle est son origine ? A quoi sert-elle ? Notre planète survivra-t-elle à l'explosion du Soleil ou la panique qui s'est emparée des hommes conduira-t-elle avant l'humanité à sa perte ? Robert Charles Wilson apporte au compte-gouttes les réponses, dans ce roman construit comme un thriller efficace et bâti autour de trois principaux personnages, aux psychologies assez fouillées.

Parmi les aspects les plus réussis de Spin : la variété de thèmes brassée par Robert Charles Wilson, comme celui de la terraformation, soit "la science étudiant la transformation de l'environnement naturel d'une planète afin d'y réunir les conditions permettant une vie terrestre, espérant donc la rendre habitable par l'homme" (source : Wikipédia). Dans Spin, les hommes vont en effet tenter de rendre Mars habitable pour que les colons fondent une civilisation plus avancée technologiquement afin d'apporter à l'humanité une compréhension du cataclysme et aussi les moyens de l'endiguer.

Spin aborde aussi de manière concrète les différentes réactions d'une humanité divisée face à un cataclysme  : tantôt résignée, tantôt calculatrice, passionnée par la compréhension du phénomène ou indifférente, cédant souvent à ses pulsions meurtrières ou se réfugiant dans la foi (une prolifération de sectes millénaristes).

Le Prix Hugo, une des récompenses littéraires les plus importantes dans le domaine de la science-fiction, attribué à Spin en septembre 2006, paraît bien mérité.

Joël

Une interview de Robert Charles Wilson (en anglais) sur sci-fi.com

Publié dans Fan de SF

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JV 11/03/2007 22:10

Je signale ton article à Brother également fan de SF(qui vient de dbuter son  Harshawblog) . Un avis sur ton Blog a été publié dans la galaxie Jyvais...