Retour de vétérans : Autechre («Quaristice») et Carl Craig («Sessions»)

Publié le par joe


Vétérans de la musique électronique, quoique dans des styles très différents, Carl Craig et Autechre se sont fait connaître au début des années 1990. Au mois de mars 2008, l'Américain de Detroit et le duo britannique ont sorti chacun un album.

Autechre Quaristice

Autechre, leur nom m'a toujours fait penser à Antichrist, la musique du diable, quoi. Jamais été très fan, leurs explorations sonores, à la limite de la musique expérimentale, nécessitent des renoncements de la part de l'auditeur. Renoncer à ses préjugés, renoncer aux mélodies, renoncer au plaisir immédiat...

Pourtant Quaristice n'est pas exempt d'une certaine sensualité organique. Ce sont des instantanés à écouter de manière détachée, ni de trop près, ni de trop loin. Mais à un volume élevé, quitte à mettre des bouchons. Et il faut faire avec les oreilles comme avec des yeux qu'on accommode à l'infini.

Quaristice titille, envoûte, claque.

Au morceau n° 7, intitulé Simm, à 2'38, j'ai cru que mon voisin frappait au plafond parce que la musique était trop forte.

Carl Craig Sessions

Carl, tu es un magicien de la techno. Tes Sessions (double-album) sont magnifiques, un vrai travail de pro, qui procure des émotions fortes.  Direct dans mon Top Ten des albums les plus appréciés cette année.

Le deuxième disque par exemple, celui que je préfère. Le début est d'ailleurs juste parfait.

Le voyage commence avec un Angel délicat, une déclaration d'humour sur beatboxing. Puis, ça s'accèlère. On enchaîne sur Rushed, où la mécanique du rythme étouffe des expirations. Un In The Trees épais prend la relève, à peine contrarié par un concert de cordes agitées. Vient Kill 100 (de X-Press 2) pop-acide exaltée qui s'épanouit dans une ribambelle de claps-claps et de percussions, avant de céder la place au rétro Brainfeeze et à l'incantation vaudou qu'est Demented. Psychobeat offre un semblant de pause. Mais c'est comme de la vapeur dans une cocotte-minute, il faut bien un Futurelovetheme pour faire sortir la pression. S'ensuit At Les, ou le jazz du clubbeur, qui peut se laisser transporté par un saxo. Ibug In The Bass Bin, en tâtant la même veine jazzy, mais plus downtempo, permet d'atterrir. En douceur.

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Nébal 07/04/2008 10:11

Pour "Quaristice", en tout cas, oui, c'est sûr. Ecouté et approuvé.

joe 07/04/2008 23:26


J'aimerais bien trouver le temps de l'écouter à tête reposée...


Nébal 03/04/2008 09:48

Mmmh, m'intéresse bien, ça. Surtout le Autechre, dois-je dire, mais, mmmh, voilà, quoi.

joe 04/04/2008 15:44


Bah oui, mais enfin, tu crois que... Peut-être, c'est sûr.