Sur Xbox 360, l'effet « Mass Effect »

Publié le par joe

L'effet "Mass Effect".


Un des rares reproches que je ferai à Mass Effect, c’est – pour un jeu vidéo dans le domaine de la science-fiction - de faire défaut d’imagination. Par exemple, dans l’approche du héros. On incarne un être humain dont le passé n’influe pas sur ses actions, son identité de porte-flingues est – comment dire – plutôt banale. Et il ne suffit pas que le héros ait un flirt qui se termine dans la couchette d’un vaisseau spatial pour émoustiller vraiment le joueur. De plus, à la différence des grandes sagas littéraires de science-fiction (Dune ou Hypérion pour ne citer qu’eux), il lui manque cette dimension bouleversante et métaphorique qui fait les chefs-d’œuvre.

Ici, on reste dans le Space Opéra très codifié, entre Star Trek et Guerre des Etoiles, Mass Effect ressassant des visuels qui ont imprégné notre rétine depuis quarante ans. Davantage de second degré ou de folie n’aurait pas été superflus. Mais Mass Effect, développé par les studios Bioware, a au moins atteint son ambition de créer ex-nihilo tout un monde cohérent, coloré et riche en descriptions.

Mass Effect se passe en 2183. La colonisation de l’univers progresse. L’humanité a découvert qu’elle n’était qu’une espèce de mammifères parmi les aliens de diverses planètes : les Hanari, les Quariens, les Turiens, les Krogans... Les humains tentent, tant bien que mal, de faire entendre leur voix parmi ces autres races, toutes subordonnées aux décisions du Conseil, un triumvirat hébergée dans une immense citée flottante (la Citadelle). En 2183, une colonie humaine se fait décimer par les Geth, des créatures androïdes. Le commandant Shepard reçoit pour mission de retrouver les auteurs des ces crimes. En découvrant le motif de ces meurtres, Shepard et son équipage mettent à jour un terrible complot.

Au début du jeu, je personnalise mon avatar, ce sera une femme, je la baptise Kaitlin Shepard, Julien m’a dit qu’elle ressemblait à une Zaïroise. Avec son crâne quasiment rasé, sa peau noire, ses lèvres gonflées, elle ressemble à une Angélique Kidjo botoxée.  Au début, je me suis arraché les cheveux, le gameplay de Mass Effect n’étant pas forcément des plus intuitifs, et il y a une quantité d’aspects à gérer en peu de temps. Puis, au fur et à mesure, on se laisse gagner par le frisson épique que suscitent ces voyages entre planètes et la mission de sauver les galaxies (l’ordinaire du gamer et des super-héros).

"Mass Effect" sur Xbox 360.

Le New York Times l’a qualifié de jeu vidéo de l’année (2007). C’est pas démérité. Mass Effect est en effet un jeu RPG-aventure remarquablement bien fait : la modélisation des personnages, une intrigue à rebondissements, des combats assez stratégiques. Par ailleurs, il faut saluer aussi le travail de Jack Wall, notamment compositeur des musiques de Myst III & IV, qui a réussi à créer une bande originale dans le ton, discrète et envoûtante.

Les dialogues fluides permettent de se plonger facilement dans l'aventure. Le joueur y participe directement, un éventail de réponses lui étant proposé, ce qui lui donne l’illusion d’influer sur le cours de l’histoire. Ainsi, ma Shepard peut se comporter, selon mon humeur, tantôt comme une humble sainte tantôt comme la reine des salopes. Aussi, on apprécie des dialogues bien écrits et un doublage français très convenable, largement au-dessus de la moyenne de celui d’une série américaine. Déjà, les p’tits geeks se sont fait des topics en citant les meilleures répliques. Vous pensiez peut-être qu’on ne trouve des phrases cultes qu’au cinéma ?

 
 

Publié dans Session jeux vidéo

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