"Les Chronolithes" de Robert Charles Wilson

Publié le par joe

"Les Chronolithes" de Robert Charles Wilson, publié en France en 2001.Le temps (projections, anticipations, voyages...) est l'un des principaux matériaux de la science-fiction. Dans les Chronolithes de Wilson, des objets remontent le temps, du futur vers notre présent, et des objets conséquents, puisqu'il s'agit rien moins que de monuments. Imaginez un peu que la fameuse œuvre de Vera Moukhina, L'Ouvrier et la Kolkhozienne (1937), apparaisse à divers endroits du monde au milieu du XIXe siècle. Cette représentation du  marteau et de la faucille aurait-elle changé le cours de l'histoire ?

Dans Les Chronolithes, qui se déroulent en 2021, il ne s'agit pas de sculptures, mais de sortes d'obélisques gigantesques, dont les inscriptions célébrent les victoires, vingt ans plus tard sur des pays, des "forces fédérées" d'un certain "Kuin". A plusieurs endroits du globe (Chumphon, Jérusalem, Portillo...), surgissent de manière dévastatrice ces monuments à la gloire de Kuin, quelqu'un dont on ne sait encore rien.

A travers le regard d'un Américain, Scott Warden, qui a assisté à la première apparition de ces phénomènes, Robert Charles Wilson raconte l'émergence d'un "mouvement kuiniste, patchwork d'idéologies utopiques et de cultes quasi religieux, chacun se battant contre les autres pour le titre. Ils n'avaient en commun que l'acte de vénération, l'adoration des Chronolithes".

Dans un monde en proie au chaos et à une crise aussi économique que morale, les "kuinistes" qui se soumettent à l'inéluctable gagnent de l'influence. Mais ce qui ne s'est pas encore produit est-il inéluctable ? Cette "adoration" ne force-t-elle pas plutôt les choses à se dérouler conformément aux signaux envoyés par  l'avenir ?

Voici en filigrane les questions que posent Robert Charles Wilson qui, malgré la description un peu simpliste de ces mouvements kuinistes, mêle avec talent dans ce roman le destin de son héros Scott Warden à celui de l'humanité. Intimisme et grand spectacle.

Scott Warden : "Chronolithe (....), un mot qui ne m'avait jamais plu mais dont j'avais apprécié la pertinence. Chronos, le temps, et lithos, la pierre. n'était-on pas là au cœur du problème ? Le temps rendu solide comme un roc. Une zone de déterminabilité absolue entourée d'une écume d'éphèmère (les vies humaines, par exemple) qui se déformait pour en épouser les contours."

Donc, un bon roman, tout en nuances, avec des thèmes et un style qui préfigurent
Spin (du même auteur), dont je recommande d'abord la lecture.

Publié dans Fan de SF

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Le Chuck 19/04/2008 16:56

Je l'ai lu moi aussi c'est un bon livre mais qui ne vaut pas son "spin" mais le sujet est bien mené et la narration est mené différament avec le personnage principale qui nous raconte ce qu'il a vécu des années plus tôt.

joe 25/04/2008 12:06


C'est vrai que Spin est largement meilleur.