Le concert déglingué d'Amy Winehouse au Zénith de Paris

Publié le par joe

Fallait voir la première demi-heure du concert : un free style d'anthologie, avec une Amy Winehouse sur le fil du rasoir. A l'origine à l'Olympia, sa prestation avait été déplacée au Zénith il y a dix jours. Et c'est bien dommage, car une salle plus cosy aurait permis d'accepter plus facilement les hésitations de la chanteuse soul.

Ce 29 octobre, le concert prévu à 20 h démarre peu avant 21h30, sans première partie pour chauffer le public, a priori conquis d'avance. Pourtant ce dernier va rapidement déchanter. Sur scène, Amy Winehouse est visiblement à côté de la plaque : nerveuse ou désinvolte, elle enchaîne les morceaux avec peu de conviction, se barre plusieurs fois au milieu d'une chanson pour discuter avec un musicien... Elle prend une guitare, gratte quelques notes, la repose, se ravise pendant le morceau, et la reprend, chante un couplet, repose sa guitare, puis s'apprête à la remettre en bandoulière, le public agacé : "non!', elle remet sa coiffure choucroute en place, va derrière la scène, en revient une minute plus tard, se penche à l'oreille d'un choriste pour lui dire un truc, le morceau se termine, elle continue de lui parler... Difficile de rester suspendu à ses lèvres.

Le public la regarde interloquée, cette femme fluette et crispée dans une robe rose ultra-courte, il retient son souffle, lorsqu'elle disparaît en coulisses à plusieurs reprises, reviendra-t-elle ? Certains l'encouragent, un autre plus sarkozyste que la moyenne crie "Au boulot !" pendant un des nombreux moments de flottement sur scène. Au début, on a l'impression d'assister à une répétition. Heureusement, par la suite, la magie émanant de la voix d'Amy Winehouse opère. Notamment sur des rythmes skas ou lors d'un a capella jazzy en total impro.

Au fur et à mesure, elle descend des verres, les musiciens continuent d'assurer malgré ses maladresses. Et le concert prend de l'ampleur au bout d'une heure, Amy commence à esquisser quelques pas de danse, elle abandonne moins le micro, son chant gagne en précision, les compositions de son dernier album Back to Black trouvent enfin leur écrin.

Des bonnes photos de ce concert mémorable sont visibles sur
flickr, merci à "j'fais c'que veux !" qui les a mises en ligne.

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pseudonyme 30/10/2007 18:22

tu résumes assez bien le sentiment général.pour ma part, je m'attendais à ce genre de frasques : après tout, on nous avait prévenu dès les abords du zénith "qui veut des places pour la camée ?" les journaux en font leurs choux gras, donc au final, pas spécialement surpris de son "je m'enfoutisme"mais une fois le micro bien en main, aidée par une scène et des musiciens à la hauteur (même plus qu'à la hauteur !), j'me suis dit que ca valait bien les 44€...après tout, qui sait si on aura la chance de la revoir un jour en France...+1 également pour le "still friends" ou malgré la grandeur de la salle, qui ne se prêtait pas à ce genre de concert, le public tout entier était acquis à la cause d'Amy.

joe 30/10/2007 22:50

Hello Wam, il y avait aussi des commentaires assassins avant son entrée, genre "Elle doit être en train de ramper pour atteindre la scène." Je regrette pas non plus d'avoir payé ma place. Et les choristes ont assuré graaaaaaaaaave. On se croisera p'têt au prochain concert si jamais il y en a un.

Dahlia 30/10/2007 13:33

Le fait qu'elle plante lamentablement la plupart de ses concerts n'est donc pas une légende urbaine... Ce qui me gêne là-dedans c'est le manque de respect du public que ça renvoie...

joe 30/10/2007 14:09

Des deux amis avec lesquels je suis allé, l'un s'est réjoui de ce côté border-line, on se demande si elle ne va pas s'arrêter de chanter pour passer l'aspirateur sur scène, l'autre, un fan de la première heure, était vraiment déçu, trouvant que c'était du foutage de gueule pour le public venu, parfois de loin, l'écouter.