« La Chorale des maîtres bouchers », un style au scalpel

Publié le par joe

"La Chorale des maîtres bouchers", de Louise Erdrich.Cette Chorale des maîtres bouchers (2003) de l'Américaine Louise Erdrich sonne juste, un timbre presque parfait, mais de chapitre en chapitre, c'est comme une rengaine qui s'installe. La première partie typique d'un roman de l'immigration américaine passionne : l'arrivée de Fidelis Waldvogel, un ancien soldat allemand de la Première Guerre mondiale, débarqué avec femme et fistons pour devenir boucher. Puis un personnage féminin, Delphine prend la relève, dans ce qui devient la chronique d'une famille dans la première moitié du XXe siècle. Ça se passe à Argus, un village du Dakota du Nord. 
Le style est vif et brillant : inspectant une blessure profonde de Fidelis, le docteur du patelin "réfléchissait à la façon de réparer les déchirures et les accrocs exactement comme une femme à qui on lance un pantalon de gamin en loques"; l'auteur n'a pas son pareil pour décrire le travail manuel et les paysages, mais les tensions entre les personnages manquent de relief. Un livre très haute-couture : à la fois admirable et difficile de s'approprier.

Publié dans C'est tout lu !

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