« Glasshouse » de Charles Stross : Bienvenue chez les Sims.

Publié le par joe

 Le prix Hugo, qui couronne le meilleur roman SF en anglais, a échappé cette année à Glasshouse, en dépit de ses nombreuses qualités. En tout cas, j'ai eu beaucoup de plaisir à le lire. Ce troisième roman du Britannique Charles Stross que j'ai parcouru, après Le Bureau des atrocités et Jennifer Morgue, est le plus jubilatoire. L'histoire d'un exercice in vivo de simulation, quelque part entre les Sims et la téléralité.

Glasshouse se déroule très très longtemps après notre ère, dans des temps où la technologie est très très avancée. Robin, qui a volontairement effacé sa mémoire, accepte d'être le sujet d'une expérience scientifique. Pour les besoins de celle-ci, il va être plongé dans notre quotidien, que les historiens surnomment "Dark Ages" ("L'époque obscure").  Mais il ne voyage pas dans le temps, non, c'est un monde entièrement recréé sur le modèle du nôtre qui l'accueille, lui, et toute une communauté de cobayes (pas les rongeurs...). Le but de cette expérience : comprendre comment vivait l'être humain occidental entre les années 1950 et 2040, dans une société peu évoluée dont l'élément central est "la famille nucléaire".

"Glasshouse" de Charles Stross.

En étant transporté au cœur de notre quotidien, Robin devient Reeve, une femme au foyer, qui s'aperçoit progressivement du rôle peu reluisant auquel elle est assignée. En même temps qu'il/elle découvre les tâches ménagères, les rapports de bons voisinages et la messe dominicale, Robin/Reeve éprouve pendant son sommeil de douloureuses réminiscences de sa vie d'avant, une vie périlleuse à laquelle elle a renoncée. Et l'expérience scientifique, moins inoffensive qu'il n'y paraît, va l'amener à retrouver la mémoire.

Dans son roman, Charles Stross se livre une satire sociale drôle et grinçante de notre époque : il s'attaque au conformisme des mentalités et à la soumission aveugle au pouvoir. L'auteur s'éclate aussi dans la computer-geekerie : la technologie de l'avenir s'applique aux humains comme celle qui fait tourner les ordinateurs. Dans le futur imaginé par Stross, l'homme est digitalisé, les êtres vivants ressuscitent dans des machines grâce à des fichiers de sauvegarde.  Dans ce futur, l'obéissance à la Nature apparaît comme primaire et barbare.

Même si le rythme s'étiole un peu au milieu, la personnalité à fleur de peau de Robin/Reeve est suffisamment attachante pour ne pas lâcher Glasshouse. Tantôt candide. Reeve décrit les oiseaux : "Des dinosaures de la taille d'un poing". Tantôt cynique. Reeve découvre ses règles : "J'avais entendu parler de la menstruation bien sûr, mais je ne pensais pas que les designers [de ce monde] étaient assez fous pour la réintroduire"... Les personnages sont bien développés, les rapports de Reeve avec son mari (une femme dans un corps d'homme) sont décrits de manière subtile et émouvante, sans jamais le moindre questionnement abrutissant sur l'identité sexuelle.

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Glasshouse n'est pas encore traduit en français.

J'ai essayé de contacter Charles Stross par son
blog, qui me prend pour un présumé spammeur. Le texte suivant s'affiche au moment de l'envoi de mon message : 

"Due to comment spam received in the past couple of days, this script has implemented spam checking. You appear to be using a spamming tool or attempting a buffer overrun attack. This mail has not been sent. Please accept my apologies if you are indeed a legitimate user."

Sympa...

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P.S. : Si des chercheurs du futur se penchaient sur les déchets de nos boites à e-mails, ils nous prendront pour une société d'obsédés sexuels : "Oh ! Encore des Enlarge your penis ! "

Publié dans Fan de SF

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