_AHoV_ La violence dans le sang

Publié le par joe

Depuis quelques années, la BD fournit au scénario une matière première qui ne git pas seulement dans les superpouvoirs des superhéros. From Hell, Les Sentiers de la perdition, V pour Vendetta, Sin City... Tous ces graphic novels ont inspiré des films plus ou recommandables. Un certain Josh Olson, qui s'était notamment illustré par la réalisation d'un film d'horreur de série Z (Infested, j'aimerais bien voir ça), a écrit le scénario de A History of Violence (_AHoV_ pour les intimes) à partir d'une BD de John Wagner et Vince Locke. C'est David Cronenberg qui s'est collé derrière la caméra en 2005. Résultat : un film classieux et sans fioritures.

Retour à la BD. Voici ce que raconte la quatrième de couv' : "Dans une petite bourgade paisible des Etats-Unis, deux braqueurs sont abattus par Tom McKenna, qui devient une célébrité malgré lui, attirant l'attention des médias mais aussi de maffiosi qui le pensaient disparu. Ils croient reconnaître dans ce père de famille en apparence tranquille, le tueur qu'ils recherchaient depuis 20 ans" etc.

Je trouve le dessin de la BD plutôt inconsistant et les cadrages sans surprises. Mais c'est moins la qualité graphique qui m'intéressait que de me prêter au jeu des différences BD/scénario.

Le film fait complètement l'impasse sur les raisons qui ont poussé Tom McKenna à refaire sa vie. Dans la BD, un important chapitre, en flash-back, montre Tom et son frère Joey, qui vivent à Brooklyn, commettre le massacre planifié de la mafia du coin. Par crainte des représailles, Tom abandonne sa famille derrière lui.

Dans le long-métrage, Tom s'acharne à garder son secret le plus longtemps possible, tant il s'est persuadé d'être un autre homme. Dans le scénar, Tom se confie rapidement auprès de son épouse, qui moufte pas plus que ça, et auprès des flics.

La BD comme le scénario s'achèvent sur la mort du frère de Tom, mais dans le bouquin le sort réservé à Joey est autrement plus sadique, à la limite du grand-guignol, plus proche du gore à la Saw que de l'esprit raffiné de Cronenberg. 

Le film montre davantage comment la révélation de son identité contamine son entourage, elle alimente les fantasmes hard de son épouse (très cronenbergien ça), elle permet à son fils de céder à ses pulsions haineuses. Et dans le film, c'est bien son fils, et pas sa femme, qui flingue à bout portant le gangster Fogarty. Ils ont la violence dans le sang, non ? Hum... Allez me chercher leur ADN...

Bref... La lecture de _AHoV_ ne me fait que plus apprécier le film.

Pour vous faire une idée de la BD, vous pouvez télécharger ici quelques pages, c'est le braquage de la cafétaria de Tom. Et, même si la démonstration est pas intéressante dans le cas de cette scène (courte et sanglante), vous pouvez toujours regarder ce que ça donne à l'écran (vidéo ici).

Joe

Publié dans Bandes dessinées

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jul 20/09/2007 16:40

C'est vrai qu'on est moins dans le registre d'Existenz. Mais History of a violence se laisse regarder...sans plus.

joe 22/09/2007 11:55

Jul, je vais te brancher à ta Xbox 360.

Dahlia 20/09/2007 08:29

Dediou, je savais même pas que ça avait été adapté d'une BD, meci du tuyau! Par contre le film m'a fait chier, je trouvais que ça sentait l'oeuvre de commande... et depuis que Cronenberg a arrêté ses délires sur l'organique, je suis déçue :(

joe 22/09/2007 11:53

J'aime beaucoup ses délires sur l'organique, c'est vrai qu'on dirait qu'il a tourné la page avec ce film. T'iras quand même voir "Eastern Promises"? http://french.imdb.com/title/tt0765443/combined Ça sort le 7 novembre en France.