"Mr Punch" de Neil Gaiman et David McKean, un roman graphique

Publié le par joe

L'auteur Neil Gaiman, c'est pourtant pas la BD qui m'a amené vers lui, mais d'abord ses romans, le premier, Neverwhere, assez farfelu pour que j'ai envie d'en lire d'autres. Puis American Gods, à sa sortie en 2001, son meilleur ouvrage à ce jour, où Dieux nouveaux et anciens s'affrontent, chacun tirant sa puissance du nombre d'humains qui croient en eux. Dans ce roman, Gaiman ne faisait que reprendre le thème de ces scénarios pour les BDs Sandman, mais ça, je ne m'en rendrai compte que plus tard.

Puis je lis un peu tout le reste jusqu'à Anansi Boys.

Ces romans et nouvelles ne sont pas à proprement parler de la SF, mais appartiennent au genre du merveilleux, avec un ton assez décalé, ironique, où pointe toujours une certaine noirceur. Pour preuve, Stardust, son premier roman adapté au cinéma (
bande-annonce ici), qui s'amuse avec les chemins archi-pavés du conte.

"Mr Punch."Le week-end dernier, j'étais à la braderie de Margny-lès-Compiegne, Mika ad nauseam dans les haut-parleurs, "Relax, take it iiiiiiiiiiiiizzzzzziiiiii", moules-frites, le capharnaüm, des stands dans les rues, je tombe sur un vendeur de BD. Comme je suis pressé, je fais défiler les livres rapidement dans un premier bac, et je tombe sur Mr Punch, sous-titré "La Comédie tragique ou la tragédie comique" par Neil Gaiman, au récit, et Dave McKean, à l'illustration.

Ils ont engendré un roman graphique émouvant, sur les thèmes de l'enfance et de la mémoire. Hormis les dessins acérés, un montage de photos et de découpages  donne une impression très surréaliste à la lecture. La mise en page brute et les couleurs délavées accentuent le caractère cauchemardesque du bouquin.

C'est l'histoire d'un enfant de 7 ans (le narrateur), en vacances chez ses grand-parents, ils habitent une ville côtière, dans le sud de la Grande-Bretagne. Lors d'une partie de pêche avec son grand-père, il découvre sur la plage un chapiteau où se produisent des marionnettes. L'une d'entre elles, un polichinelle sardonique et inquiétant nommé "Mr Punch" va hanter le garçon, qui va aussi croiser une femme déguisée en sirène, un oncle bossu... Mr Punch ou comment les mensonges des adultes et l'imagination contaminent les perceptions d'un gamin.

Little Nemo.Comme je l'écrivais plus haut, c'est bien après avoir lu ses romans et nouvelles que je me suis plongé dans la série des Sandman, des comics scénarisés par Neil Gaiman. Enfin, pour être plus exact, je les avais déjà vus quelques années plus tôt, mais en les feuilletant, je trouvais les couleurs dégueulasses (ça jurait de partout) et le côté acéré du trait me piquait les yeux. Plus tard, j'ai apprécié l'univers onirique de ces Dieux et de ces Eternels, qui m'a procuré la même sensation d'étrangeté que lorsque, gamin, je lisais les aventures de Little Nemo.

Par ailleurs, Neil Gaiman tient régulièrement à jour son
blog, sympa pour ses fans.

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Toujours côté BD, j'ai terminé ce soir les deux premiers tomes du manga Death Note, entre polar et fantastique. Un lycéen qui trouve un cahier avec lequel il peut provoquer la mort, en écrivant dessus le nom de la personne à tuer. C'est pas mal, assez divertissant, parfois lourdingue.  La nonchalance du Dieu de la mort, qui accompagne le lycéen, me rappelle celle du personnage de Dream dans la série des Sandman.
 
On m'a offert le premier volume d'une autre BD,
Universal war one, d'un Français, Denis Bajram. Couleurs superbes et envoûtantes, mais des personnages un peu caricaturaux. J'ai lu ça et là des critiques élogieuses. Je tenterai bien le tome 2.

Joe

Publié dans Bandes dessinées

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