"Je suis une légende", de l'ail et des navets

Publié le par joe

Je suis une légende.

Vue de près, la moquette qui recouvre les sièges de certains métros parisiens file la nausée.  Mais rien à voir avec Je suis une légende, de Richard Matheson. Ce roman américain publié en 1954 commence comme un huis-clos sordide. L'action se déroule en 1976. A l'intérieur de sa maison, un homme vit seul. C'est Robert Neville. Il soliloque. Il boit. Il organise son existence routinière. Il s'est barricadé. Car ce n'est pas seulement son voisin Ben Cortman, qui frappe toutes les nuits à sa porte, mais une horde de vampires.

Robert Neville serait le dernier homme sur terre. Dans un flash-back, il se remémore les événements qui ont conduit à sa situation tragique : un mystérieux virus qui a décimé une partie de la population et toute sa famille. Ceux qui ont "survécu" semblent plus morts que vivants. Entre descentes de whisky pour pallier sa solitude, pulsions morbides, et espoir de rencontrer d'autres humains, il va tenter de percer le mystère de cette maladie. Pour trouver un remède ?

Dans Je suis une légende, sombre, court et serré, l'auteur revisite avec panache tout le mythe du vampire depuis le Dracula de Bram Stoker : la répulsion à l'ail, à la lumière du jour et aux croix, les pieux dans le cœur, le sang nourricier... Si certains le considèrent comme un classique de la SF, je suis un peu plus réservé sur ce point. Il lui manque un supplément d'âme, bien que l'histoire de Robert Neville soit très poignante et les rebondissements bien menés, au point de faire un bon canevas de film.

D'ailleurs, ce roman a déjà fait l'objet de deux adaptations au cinéma : la première,
The Last Man on Earth (1964), avec le génial Vincent Price, la deuxième The Omega Man (1971), avec Charlon "Rifle" Heston dans le rôle-phare. Pas vu ni l'un ni l'autre, mais ma curiosité pour les navets de genre en est toute émoustillée. La prochaine adaptation, I am a Legend, sort à la fin de l'année sur les écrans d'outre-Atlantique, et Will "Ali" Smith succède à Ben-Hur. Le teaser du film ne vous rappelle rien ? Le jour qui se lève sur une métropole désertée par ses habitants... De New York à Londres, 28 jours plus tard.

JOe

Publié dans Fan de SF

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